Sans titres


Nous sommes
dans le cimetière
annexe
celui des refusés
par le portail archaïque

Nom d'un formol cul sec.
Il y en a derrière le portail
qui voudraient sortir.
Etudier la vie
avec le meilleur recul.

Malheureusement les visiteurs laissent la vie
de l'autre côté,
la mort dans l'âme.

Mais pour l'âme morte,
le morne monologue monocorde tire sur les cloches.
Qu'ils sont sots ces vivants,
à parler de mort.

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dalles phalliques
marbre chaotique
vers frivoles
herbes folles

la crypte euphorique
pleine de formoliques
sauvés de sous-sols ou cieux
boit aux fossoyeurs facétieux

la pierre tombale
va au bal
au bras du cercueil de chêne
de la grâce pour la peine

ils célèbrent ce soir leur alliance
savourent la mort et l'insouciance
cimetière en effervescence
s'éternise dans la démence

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Jambe qui traîne.
Tatoués dessus, clous et chaînes.
Pâle épiderme.
Maladie, "nerfs de hyène".

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chien ardent
brûlant des sens
qui pisse partout
où d'autres montrent les dents

chien souriant
sans scrupules, en errance
qui pisse partout
où d'autres mordent les gens

chien content
sale crapule en transe
qui pisse partout
où d'autres violent les enfants

chien marrant
pue le pus rance
pisse partout
où l'homme ne sent ni n'entend

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Le froid paralyse les idées du joueur de cithare.
Il joue faux, les doigts gelés,

torturés par le chaud épidermique hors de portée.

Il ne s'entend pas jouer et sait fenêtre fermée.

Un cercle lumineux s'intensifie au-dessus de sa tête
et éclate en lumière aveuglante.

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la muse unijambiste
à la robe rouge
piétine le sable plus clair
ne quitte pas le cadre assorti à son tissu
et profile sa silhouette
vers la mer compromis
la froideur pourrait se lire sur son ombrelle cuivre
mais elle est rouge et protège
le vert bois de son visage

elle n'ira pas se baigner
ou tombera
immobile éternellement

j'aurais aimé la voir
se distinguer
entourée de tons bleutés

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surimpression de tous les sens
Il a la présence odorante

la fraîche sève des bois assassins
mêlée à l'ultime sueur des bûcherons
pourfendeurs de prolongements prolifiques

Son souffle marbre frais
condamne la peau mordorure
à décrépitude

le baiser langue serpent
savoure l'épiderme formolé

le vert moite quitte la vie
laisse au vivant noctambule
une rencontre propre à visions insomniaques

le fouet claque fort,
pourfend l'inutile air
de la dépouille
privée de sa substance hurlante
emportée avec l'hilarité du cocher
et les galops qui ne faiblissent plus

Le semeur de mort fait de la route un poulailler
Il amorce le danger impromptu

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balle dans la tête
type tout tremblant
aboiements d'enfants
suicide passif
coeur tics
le monsieur est mort
a quitté son corps
il aurait voulu
faire élocutions
comme des trublions
sale pute de grillon
sors de mon encéphale
tu te prends pour pascal
t'as une tête d'animal
un capital osseux hermétique
jambes tics
jarrets phalliques
charlatans
bande d'aliments!

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le diable farceur voit vert
et dérègle les ondes à voix
tord le vent de bouche à oreille
et amplifie les sons sous la peau
pour parzZzZZiiiiter les dires
encerclés d'air et d'illusion
visions caractères en plein front

il piège les yeux et fige le temps
pour détourner le idées en tête
inconnues aux patienteurs morfondus
prolongeur d'attentes,
refroidisseur d'esprits,
tourmenteur de courbes

Tanguy (Tangawan 2004)®